Un article dans 20minutes annonce « Le slow voit venir la fin du bal ». Je ne sais pas si l’auteure Claire Barrois se classe dans les vieux (de plus de 20 ans) qui se serait fait choper sur un slow. Bon, je ne la blâme pas puisque dans cette page culturelle, elle a choisit de faire connaître le spectacle « L’Age du slow » même si son titre cherche à le stigmatiser (néanmoins, superbe choix de la photo pour illustrer l'article).

Article20MinutesDanseSlow

 

Elle décrète que le romantisme n’a plus la cote auprès des jeunes. Je le lui accorde, mais il faut préciser de quels jeunes il s’agit et de savoir qui dans notre société décide de ce qui doit disparaître ou subsister. OK, pour les jeunes de moins de 20 ans qui ne seraient plus attirés en majorité que par des expériences sexuelles bestiales. Mais ensuite, entre 20 et 40 ans, population qui tient beaucoup les manettes de notre société, un autre fonctionnement s’instaure avec la vie en couple et l’engagement de fonder une famille. Les femmes et mères imposent de la douceur et du romantisme.

J’appartiens à l’époque révolue de « Still loving you » et même plutôt celle d’avant (« laisse moi t’aimer » de Mike Brant). Lors d’une boum de 3°, un samedi après-midi dans un garage, je faisais partie d’un petit groupe d’une quinzaine de collégiens (choisi par les dominantes et dominantes, moi je faisais partie des timides). Il y a eu plusieurs jeux de drague (par exemple se mettre assis en cercle, garçons filles intercalés, et faire circuler un petit bout d’allumette tenu entre nos dents ; chaque fois qu’il tombait, par stress ou mégarde ou exprès par les plus dragueurs, on en coupait un petit bout jusqu’à ce qu’on ne puisse plus se le passer sans se coller les lèvres) et des séquences de danses. J’étais autant timide que « manche à balai », même si depuis l’âge de 11 ans j’avais par chance commencé à prendre de l’assurance pendant les colonies de vacances (à Collioure, bal du 14 juillet, dans mes vieux souvenirs). J’ai pu danser (un peu du jerk mais sans savoir faire le rock), surtout parce qu’une fille avait jeté son dévolu sur moi. C’était une dominante, super canon, danseuse dans le même club que ma sœur aînée (j’avais pu la voir lors des galas de fin d’année, je la connaissais de vue), et scolarisée dans le même collège que moi mais d’une autre classe. Elle était blonde style Sylvie Vartan avec un corps de danseuse étoile. Elle m’impressionnait trop et ma jeunesse lui reprochait de porter des lunettes qui perturbaient son beau visage. Elle m’a invité plusieurs fois lors des séquences de slow, je me souviens de son corps de sirène qui se frottait souplement contre le mien. Les jeux de fin d’après-midi, manipulés par les dominants, lui ont permis de m’octroyer le gage de lui rouler une pelle (même si elle me plaisait physiquement, je n’avais pas répondu à ses attentes de tout l’après-midi, je manquais trop de maturité par rapport à elle, et j’étais trop timide pour me lancer dans une aventure amoureuse, je n’avais de vues sur aucune fille). Je me remémore tout ça avec émotion, car je n’ai rien conclut de plus avec cette superbe fille qui est devenue médecin, et je n’ai pas « chopé » comme il est sous-entendu dans l’article de 20 Minutes. Mais je retiens en repensant à cette expérience que le slow pour une jeune femme s‘apparente à de sublimes préliminaires et je ne crois pas que dans le futur, les femmes deviennent de simples truies à vouloir baiser moins d’un quart d’heure. Je pense au contraire qu’elles ont de plus en plus envie de préliminaires, de caresses et d’attentions et que les slows perdureront encore au moins 50 ans. S’éclater dans la danse sans sentiments à suivre et sur une musique de « barges », c’est bon uniquement pour les robots et les jeunes qui vivent sans vision d'avenir.

Bruno